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La CENTIF accuse réception de la déclaration de soupçon,
sauf si l’entité déclarante a indiqué expressément ne pas
vouloir en être destinataire.
Art. 82 : Confidentialité de la déclaration de soupçon
La déclaration de soupçon mentionnée à l’article 79 de la
présente loi, est confidentielle.
Il est interdit, sous peine de sanctions prévues par les
dispositions de la présente loi, aux personnes visées aux
articles 5 et 6, de porter à la connaissance du propriétaire
des sommes ou de l’auteur de l’une des opérations induisant
une déclaration de soupçon ou à des tiers, autres que les
autorités de contrôle, ordres professionnels et instances
représentatives nationales, l’existence et le contenu d’une
déclaration faite auprès de la CENTIF et de donner des
informations sur les suites qui ont été réservées à ladite
déclaration.
Le fait pour les personnes visées à l’article 6 de la présente
loi, de s’efforcer de dissuader leur client de prendre part
à une activité illégale ne constitue pas une divulgation au
sens de l’alinéa 2 du présent article.
Les dirigeants et préposés des institutions financières
peuvent révéler à l’autorité judiciaire ou aux officiers de
police judiciaire agissant sur délégation que des informa-
tions ont été transmises à la CENTIF en application des
dispositions de l’article 79. Dans ce cas, l’autorité judiciaire
ou les officiers de police judiciaire peuvent demander confir-
mation à la CENTIF de l’existence de ladite déclaration.
La déclaration de soupçon n’est accessible à l’autorité
judiciaire que sur réquisition auprès de la CENTIF et dans
les seuls cas où cette déclaration est nécessaire à la mise
en œuvre de la responsabilité des personnes mentionnées
aux articles 5 et 6 de la présente loi, de leurs dirigeants
et préposés et lorsque l’enquête judiciaire fait apparaître
qu’ils peuvent être impliqués dans le mécanisme de
blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme
qu’ils ont révélé.
CHAPITRE IV : EXEMPTION DE RESPONSABILITE ET
MISE EN JEU DE LA RESPONSABILITE DE L’ETAT
Section 1ère: Exemption de responsabilité
Art. 83 : Exemption de responsabilité du fait des déclara-
tions de soupçons faites de bonne foi
Les personnes ou les dirigeants et préposés des personnes
mentionnées aux articles 5 et 6 qui, de bonne foi, ont trans-
mis des informations ou effectué toute déclaration, confor-
mément aux dispositions de la présente loi, sont exempts
de toutes sanctions pour violation du secret professionnel.
Aucune action en responsabilité civile ou pénale ne peut
être intentée, ni aucune sanction professionnelle pronon-
cée contre les personnes ou les dirigeants, préposés et
employés des personnes visées aux articles 5 et 6 de la
présente loi, ayant agi dans les mêmes conditions que celles
prévues à l’alinéa 1er ci-dessus, même si des décisions de
justice rendues sur la base des déclarations visées dans
ledit alinéa n’ont donné lieu à aucune condamnation.
En outre, aucune action en responsabilité civile ou pénale
ne peut être intentée contre les personnes visées à l’alinéa
2 ci-dessus en raison des dommages matériels ou moraux
qui pourraient résulter du blocage d’une opération en vertu
des dispositions de l’article 68 de la présente loi.
Les dispositions du présent article s’appliquent de plein
droit, même si la preuve du caractère délictueux des faits
à l’origine de la déclaration de soupçon n’est pas rapportée
ou si ces faits ont été amnistiés ou ont entraîné une décision
de non-lieu, de relaxe ou d’acquittement.
Art. 84 : Exemption de responsabilité du fait de l’exécution
de certaines opérations
Lorsqu’une opération suspecte a été exécutée, et sauf
cas de collusion frauduleuse avec le ou les auteurs du
blanchiment de capitaux ou du financement du terrorisme,
les personnes visées aux articles 5 et 6 ainsi que leurs
dirigeants, préposés ou employés sont dégagés de toute
responsabilité et aucune poursuite pénale du chef de
blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme
ne peut être engagée à leur encontre, si la déclaration de
soupçon a été faite conformément aux dispositions de la
présente loi.
Il en est de même lorsque l’une des personnes visées aux
articles 5 et 6, a effectué une opération, à la demande des
services d’enquêtes agissant dans les conditions prévues
par les dispositions de la présente loi.
Section 2 : Mise en jeu de la responsabilité de l’Etat
Art. 85 : Responsabilité de l’Etat du fait des déclarations
de soupçons faites de bonne foi et du fait de certaines
opérations
La responsabilité de tout dommage causé aux personnes
et découlant directement d’une déclaration de soupçon
faite de bonne foi, qui s’est néanmoins avérée inexacte,
incombe à l’Etat.
La responsabilité de l’Etat est également mise en jeu,
lorsqu’une personne visée aux articles 5 et 6 de la présente
loi, a effectué une opération à la demande des autorités
judiciaires, des agents de l’Etat chargés de la détection et
de la répression des infractions liées au blanchiment de
capitaux et au financement du terrorisme, agissant dans
le cadre d’un mandat judiciaire ou de la CENTIF .
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CHAPITRE V : OBLIGATIONS DES AUTORITES
DE REGULATION ET DE CONTROLE, LIGNES
DIRECTRICES ET RETOUR D’INFORMATION
Section 1ère: Obligations des autorités de régulation
et de contrôle
Art. 86 : Dispositions générales relatives aux autorités de
régulation et de contrôle des institutions financières et des
Entreprises et Professions Non Financières Désignées
(EPNFD)
Les autorités decontrôle s’assurent du respect, par les
institutions financières et les EPNFD, des prescriptions
énoncées au titre II de la présente loi.
Conformément à la réglementation en vigueur, chaque
autoritéde contrôle :
1. prend les dispositions requises pour définir
les critères appropriés pour la possession, le
contrôle ou la participation directe ou indirecte
à la direction, à la gestion ou au fonctionnement
d’une institution financière ou d’une EPNFD ;
2. réglemente et surveille l’observance, par les
EPNFD, des obligations énoncées aux titres
II et III de la présente loi, y compris par les
inspections sur place ;
3. édicte des instructions, des lignes directrices
ou des recommandations visant à aider les
institutions financières et les EPNFD à respecter
les obligations énoncées aux titres II et III de la
présente loi ;
4. coopère et échange des informations avec
d’autres autorités compétentes et apporte son
aide aux enquêtes, poursuites ou procédures
relatives au blanchiment de capitaux, aux
infractions sous-jacentes et au financement du
terrorisme ;
5. définit, en concertation avec les CENTIF , des
normes ou des critères applicables aux décla-
rations de soupçons qui tiennent compte des
autres normes nationales et internationales
existantes ou futures ;
6. veille à ce que les institutions financières et leurs
succursales à l’étranger ainsi que leurs filiales à
l’étranger dans lesquelles elles détiennent une
participation majoritaire, adoptent et fassent
appliquer des mesures conformes aux disposi-
tions de la présente loi, dans la mesure où les
lois et règlements locaux le permettent ;
7. communique, sans retard, à la CENTIF , toute
information relative aux opérations suspectes
ou à des faits suspects qui pourraient être liés
au blanchiment de capitaux ou au financement
du terrorisme ;
8. apporte une coopération rapide et efficace aux
organismes qui exercent des fonctions similaires
dans d’autres Etats membres ou d’autres Etats
tiers, y compris par l’échange d’informations ;
9. tient des statistiques concernant les mesures
adoptées et les sanctions infligées dans le
contexte de l’application du présent chapitre.
Art. 87 : Dispositions particulières concernant les services
de transfert de fonds ou de valeurs
Conformément à la réglementation spécifique en vigueur,
nul ne peut se livrer à l’activité professionnelle de transfert
de fonds ou de valeurs et de change manuel s’il n’a pas
obtenu l’agrément de l’autorité compétente.
L’autorité compétente fixe les conditions minimales
d’exploitation, notamment quant à l’inspection régulière
des services de transfert de fonds ou de valeurs ainsi que
les sanctions qui découlent du non respect des dispositions
en vigueur.
Art. 88 : Dispositions particulières relatives aux entreprises
et professions non financières désignées (EPNFD)
Nul ne peut exercer une activité en tant qu’entreprise
et profession non financière désignée sans enregistre-
ment préalable par l’autorité de régulation ou de contrôle
compétente, conformément aux conditions fixées par la
réglementation en vigueur.
Section 2 : Lignes directrices et retour d’informations
Art. 89 : Protection de données et partage d’informations
Les institutions financières qui font partie d’un groupe,
mettent en œuvre des politiques et procédures à l’échelle
du groupe, notamment des politiques de protection des
données et des politiques et procédures relatives au partage
des informations au sein du groupe aux fins de la lutte contre
le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Ces politiques et procédures sont mises en œuvre effica-
cement au niveau des succursales et des filiales, établies
dans les Etats membres et dans des Etats tiers.
Lorsqu’une institution financière a des bureaux de repré-
sentation, des succursales ou des filiales dans des Etats
tiers dans lesquels les obligations minimales en matière de
lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement
du terrorisme sont moins strictes que sur le territoire dans
lequel elle est installée, lesdits bureaux de représentation,
succursales et filiales appliquent les obligations en vigueur
sur son territoire, y compris en matière de protection des
données, dans la mesure où les dispositions législatives et
réglementaires des Etats tiers en question le permettent.
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Les autorités de contrôle concernées s’informent mutuelle-
ment des cas dans lesquels la législation d’un Etat tiers ne
permet pas d’appliquer les mesures requises en applica-
tion de l’alinéa 2 ci-dessus, de façon à engager une action
coordonnée en vue de la recherche d’une solution.
Lorsque la législation de l’Etat tiers ne permet pas d’appli-
quer les mesures requises en application de l’alinéa 1er
du présent article, les institutions financières prennent
des mesures supplémentaires pour traiter efficacement le
risque de blanchiment de capitaux ou de financement du
terrorisme et en informent les autorités de surveillance de
leur Etat d’origine. Si ces mesures supplémentaires sont
insuffisantes, les autorités compétentes de l’Etat d’origine
envisagent des mesures de surveillance supplémentaires,
notamment, s’il y a lieu, de demander au groupe financier
de cesser ses activités dans l’Etat d’accueil.
Art. 90 : Mise en place des systèmes d’évaluation et de
gestion des risques
Les institutions financières mettent en place des systèmes
d’évaluation et de gestion des risques de blanchiment de
capitaux et de financement du terrorisme.
Elles prennent des mesures proportionnées à leurs risques,
leur nature et leur taille, afin que les salariés concernés aient
connaissance des dispositions adoptées en application de
la présente loi, y compris des exigences applicables en
matière de protection des données.
Les mesures visées à l’alinéa 2 ci-dessus comprennent la
participation des salariés concernés à des programmes spé-
ciaux de formation continue visant à les aider à reconnaître
les opérations susceptibles d’être liées au blanchiment de
capitaux ou au financement du terrorisme et à les instruire
de la manière de procéder en pareil cas.
Art. 91 : Application de mesures de vigilance dans les
succursales et filiales
Les institutions financières appliquent des mesures au
moins équivalentes à celles prévues au chapitre III du
Titre II de la présente loi, en matière de vigilance à l’égard
du client et de conservation des informations dans leurs
succursales situées à l’étranger. Elles veillent à ce que des
mesures équivalentes soient appliquées dans leurs filiales
situées à l’étranger.
Lorsque le droit applicable localement ne leur permet pas
de mettre en œuvre des mesures équivalentes dans leurs
succursales et filiales à l’étranger, les institutions financières
en informent la CENTIF et l’autorité de surveillance et de
contrôle dont elles relèvent.
Les institutions financières communiquent les mesures
minimales appropriées en matière de lutte contre le blan-
chiment de capitaux et le financement du terrorisme à leurs
succursales et filiales situées à l’étranger.
Art. 92 : Retour d’informations
Les personnes visées aux articles 5 et 6 et les autorités de
surveillance et de contrôle visées à l’article 86 de la pré-
sente loi reçoivent de la CENTIF les informations dont elle
dispose sur les mécanismes de blanchiment de capitaux
et de financement du terrorisme.
TITRE IV: ENQUETES ET SECRET PROFESSIONNEL
CHAPITRE IER : ENQUETES
Art. 93 : T echniques d’enquête
Aux fins d’obtenir les preuves de blanchiment de capitaux
et de financement du terrorisme, et de la localisation des
produits du crime, le juge d’instruction peut ordonner,
conformément à la loi, pour une durée déterminée, sans que
le secret professionnel ne puisse lui être opposé, diverses
actions, notamment :
1. la surveillance des comptes bancaires et des
comptes assimilés aux comptes bancaires,
lorsque des indices sérieux permettent de sus-
pecter qu’ils sont utilisés ou susceptibles d’être
utilisés pour des opérations en rapport avec
l’infraction d’origine ou des infractions prévues
par la présente loi ;
2. l’accès à des systèmes, réseaux et serveurs
informatiques utilisés ou susceptibles d’être
utilisés par des personnes contre lesquelles
existent des indices sérieux de participation à
l’infraction d’origine ou aux infractions prévues
par la présente loi ;
3. la communication ou la saisie d’actes authen-
tiques ou sous seing privé, de documents ban-
caires, financiers et commerciaux ;
4. la mise sous surveillance ou l’interception de
communications ;
5. l’enregistrement audio ou vidéo ou la photogra-
phie d’actes et d’agissements ou de conversa-
tions ;
6. l’interception et la saisie de courrier.
Les techniques visées à l’alinéa 1er ci-dessus, ne peuvent
être utilisées que lorsqu’il existe des indices sérieux que
lesdits comptes, lignes téléphoniques, systèmes et réseaux
informatiques ou documents sont ou peuvent être utilisés
par des personnes soupçonnées de prendre part au blan-
chiment de capitaux ou au financement du terrorisme. La
décision du juge d’instruction est motivée au regard de
ces critères.
Art. 94 : Infiltration et livraison surveillée
Aucune sanction ne peut être appliquée aux fonctionnaires
compétents pour enquêter sur le blanchiment de capitaux
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et le financement du terrorisme qui, aux fins de l’obtention
de preuves liées à ces infractions ou de la localisation des
produits du crime, posent, dans le cadre d’une opération
d’infiltration ou d’une livraison surveillée, des actes qui
pourraient être interprétés comme des éléments de blan-
chiment de capitaux ou de financement du terrorisme. Le
fonctionnaire désigné ne doit pas inciter le suspect à com-
mettre des infractions.
L’autorisation du juge d’instruction saisi de l’affaire est
requise préalablement à toute opération décrite à l’alinéa
1er ci-dessus.
Art. 95 : Témoignage anonyme et protection des témoins
Le juge d’instruction peut, d’office ou sur demande d’un
témoin ou d’une partie privée lésée, décider que :
1. certaines données d’identité ne seront pas men-
tionnées dans le procès-verbal d’audition, s’il existe une
présomption raisonnable que le témoin pourrait subir
un préjudice grave suite à la divulgation de certaines
informations ;
2. l’identité d’un témoin restera secrète si l’autorité
compétente conclut que le témoin, un membre de sa
famille ou un de ses associés pourrait vraisemblable-
ment être mis en danger par le témoignage. L’identité du
témoin ne sera tenue secrète que si l’enquête relative
à l’infraction l’exige et si d’autres techniques d’enquête
paraissent insuffisantes pour découvrir la vérité. Le
témoin dont l’identité est tenue secrète ne sera pas
cité à comparaître à une audition sans son accord. Le
témoignage anonyme ne peut servir d’unique fondement
ni de facteur déterminant de toute inculpation.
CHAPITRE II : SECRET PROFESSIONNEL
Art. 96 : Levée du secret professionnel
Nonobstant toutes dispositions législatives ou réglemen-
taires contraires, le secret professionnel ne peut être invo-
qué par les personnes visées aux articles 5 et 6 pour refuser
de fournir les informations aux autorités de contrôle ainsi
qu’à la CENTIF ou de procéder aux déclarations prévues
par la présente loi. Il en est de même en ce qui concerne les
informations requises dans le cadre d’une enquête portant
sur des faits de blanchiment de capitaux et de financement
du terrorisme, ordonnée par le juge d’instruction ou effec-
tuée sous son contrôle, par les agents de l’Etat chargés de
la détection et de la répression desdites infractions.
Art. 97 : Exemption de responsabilité en cas de violation
du secret professionnel
Aucune poursuite pour violation du secret professionnel
ne peut être engagée à l’encontre des personnes visées
aux articles 5 et 6 ou de leurs dirigeants, préposés ou em-
ployés qui, de bonne foi, ont transmis des informations ou
effectué des déclarations de soupçons prévues par l’article
79 de la présente loi, dans les conditions prescrites par les
dispositions législatives et réglementaires applicables ou
lorsqu’ils ont communiqué des informations à la CENTIF ,
en application de l’article 60.
Art. 98 : Impossibilité pour les membres et personnel de la
CENTIF de témoigner publiquement dans une procédure
judiciaire
Les membres et personnel de la CENTIF ne peuvent être
appelés à témoigner, lors d’une audience publique dans
une procédure judiciaire, sur des faits de blanchiment de
capitaux ou du financement du terrorisme dont ils ont eu à
connaître dans l’exercice de leur fonction.
TITRE V : REPRESSION DU BLANCHIMENT DE
CAPITAUX ET DU FINANCEMENT DU TERRORISME
CHAPITRE IER: MESURES CONSERVATOIRES
Section 1ere: Prescription et exécution de mesures
conservatoires
Art. 99 : Prescription de mesures conservatoires
Le juge d’instruction peut, conformément à la loi, prescrire
des mesures conservatoires qui ordonnent notamment,
aux frais de l’Etat, la saisie ou la confiscation des fonds et
des biens en relation avec l’infraction de blanchiment de
capitaux ou de financement du terrorisme, objet de l’enquête
et de tous les éléments de nature à permettre de les iden-
tifier ainsi que le gel des sommes d’argent et opérations
financières portant sur lesdits biens.
Dans le cas où elle s’oppose à l’exécution de mesures
non prévues par la législation nationale, l’autorité judiciaire
saisie d’une demande relative à l’exécution de mesures
conservatoires prononcées à l’étranger, peut substituer à
celles-ci les mesures prévues par le droit interne, dont les
effets correspondent le mieux aux mesures dont l’exécution
est sollicitée.
La main levée de ces mesures peut être ordonnée par le
juge d’instruction dans les conditions prévues par la loi.
Section 2 : Gel
Art. 100 : Gel de biens et autres ressources financières
L’autorité compétente ordonne, par décision administrative,
le gel de biens, fonds et autres ressources financières des
personnes ou entités auteurs de financement du terrorisme.
Une liste nationale de ces personnes, entités ou organismes
peut, le cas échéant, être dressée conformément à la
Résolution 1373 et les résolutions subséquentes.
La décision visée à l’alinéa 1er ci-dessus, définit les condi-
tions ainsi que la durée applicables au gel desdits fonds.
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L’autorité compétente s’assure également de l’application
de la réglementation en vigueur en la matière, notamment le
Règlement communautaire relatif au gel des fonds et autres
ressources financières dans le cadre de la lutte contre le
financement du terrorisme dans les Etats membres de
l’UEMOA ainsi que des décisions du Conseil des ministres
de l’UEMOA relatives à la liste des personnes, entités ou
organismes visés par le gel des fonds et autres ressources
financières en particulier, celle établie par le Conseil de
sécurité des Nations Unies, au titre du chapitre VII de la
Charte des Nations Unies et ses mises à jour.
En outre, l’autorité compétente ordonne, par décision, le gel
sans délai, des biens, fonds et autres ressources financières
des personnes ou entités désignées par le Conseil de sécu-
rité des Nations Unies, au titre des résolutions relatives à
la lutte contre le financement de la prolifération des armes
de destruction massive.
Les institutions financières et toute autre personne ou
entité qui détiennent les biens, fonds ou autres ressources
financières visés aux alinéas 1er, 3 et 4 ci-dessus, procèdent
immédiatement, sans notification préalable aux titulaires,
à leur gel, dès notification de ladite décision jusqu’à ce
qu’il en soit autrement décidé par le Conseil de sécurité
des Nations Unies ou par une autre décision prise selon la
même procédure.
Les institutions financières et autres personnes assujet-
ties avertissent sans tarder la CENTIF de l’existence de
fonds appartenant à des personnes ou entités auteurs
de financement du terrorisme ou de la prolifération des
armes de destruction massive ainsi qu’à des organisations
terroristes ou personnes ou organisations qui leur sont
associées, conformément aux décisions du conseil des
ministres de l’UEMOA relatives à la liste des personnes,
entités ou organismes visés par le gel des fonds et autres
ressources financières en particulier, celle établie par le
Conseil de sécurité des Nations Unies et ses mises à jour.
Elles déclarent également à l’autorité compétente tous les
biens gelés.
Il est strictement interdit aux personnes visées aux articles
5 et 6 de la présente loi, de mettre directement ou indirecte-
ment, les fonds objet de la procédure de gel des fonds à la
disposition des personnes physiques ou morales, entités ou
organismes désignés par les décisions visées aux alinéas
1er, 3 et 4 du présent article, ou de les utiliser à leur bénéfice.
Il est également strictement interdit aux personnes visées
aux articles 5 et 6 de la présente loi, de fournir ou de conti-
nuer de fournir des services aux personnes physiques ou
morales, entités ou organismes désignés par les décisions
visées aux alinéas premier, 3 et 4 ci-dessus, ou de les
utiliser à leur bénéfice.
Il est interdit de réaliser ou de participer, sciemment et
intentionnellement, à des opérations ayant pour but ou
pour effet de contourner, directement ou indirectement, les
dispositions du présent article.
Art. 101 : Publication des décisions de gel et des procé-
dures de déblocage de fonds
T oute décision de gel ou de déblocage de fonds ou autres
ressources financières doit être portée à la connaissance
du public, notamment par sa publication au Journal officiel
ou dans un Journal d’annonces légales.
L’autorité compétente s’assure également de la publication
des procédures à suivre par toute personne physique ou
morale inscrite sur la liste des personnes, entités ou orga-
nismes visés, pour obtenir le retrait de cette inscription et,
le cas échéant, le déblocage des fonds lui appartenant.
Art. 102 : Gel des fonds au titre de l’exécution de contrats
Les fonds ou autres ressources financières dus en vertu de
contrats, accords ou obligations conclus ou nés antérieu-
rement à l’entrée en vigueur de la décision de gel de fonds
sont prélevés sur les comptes gelés. Les fruits produits par
les fonds, instruments et ressources précités ainsi que les
intérêts échus sont versés sur lesdits comptes.
Art. 103 : Mesures d’assouplissement en matière de gel
de fonds
Lorsqu’une mesure de gel des fonds et autres ressources
financières a été prise sur le fondement des dispositions de
l’article 100 de la présente loi, l’autorité compétente peut
autoriser, dans les conditions qu’elle juge appropriées,
la personne, l’organisme ou l’entité qui en fait l’objet, sur
sa demande, à disposer mensuellement d’une somme
d’argent, fixée par ladite autorité. Cette somme est des-
tinée à couvrir, dans la limite des disponibilités, pour une
personne physique, des frais courants du foyer familial
ou, pour une personne morale, des frais lui permettant de
poursuivre une activité compatible avec les exigences de
l’ordre public. Ladite somme peut aussi couvrir des frais
d’assistance juridique ou des frais exceptionnels. En tout
état de cause, les frais doivent être préalablement justifiés.
L’autorité compétente peut également, dans les conditions
qu’elle juge appropriées, autoriser la personne, l’orga-
nisme ou l’entité qui a fait l’objet d’une mesure de gel, sur
sa demande, à vendre ou céder des biens, sous réserve
que le produit tiré de cette vente ou de cette cession soit
lui-même gelé.
L’autorité compétente notifie sa décision à la personne,
l’organisme ou l’entité qui a fait l’objet d’une mesure de
gel, dans un délai de quinze (15) jours, à compter de la
réception des demandes mentionnées à l’alinéa 1er. Elle
informe la personne assujettie concernée de sa décision.
L’absence de notification au demandeur d’une décision
dans le délai visé à l’alinéa 3 ci-dessus, à compter de la
réception de la demande vaut décision de rejet.